Junta en résumé

Fiche récapitulative de Junta
Type de jeuNégociation, trahison et coups d’État
Joueurs2 à 7, idéal à 7, règles spéciales à 2 et 3
Durée120 minutes selon la boîte
Âge14 ans et +
Édition vendueVersion 3.1 de 2016, distribuée par Matagot
Pour gagnerLe plus gros compte en Suisse à la fin
Fin de partieQuand le Président ne peut plus piocher ses 8 billets
Tour de jeu9 phases, du vote du budget au coup d’État
Coup d'ÉtatGagné par le camp qui tient 3 des 5 points stratégiques
ÉliminationUn joueur assassiné ne fait plus rien jusqu’à la fin du tour

Junta en quelques mots

Junta se passe sur l’île de la República de las Bananas. Une superpuissance verse chaque tour des millions de pesos d’aide étrangère au Président, et quelques familles dirigeantes se disputent cet argent pour le placer en Suisse. Chaque joueur dirige une de ces familles.

La boîte vendue en France est la version 3.1 du jeu, éditée en 2016 par Pegasus Spiele et distribuée par Matagot. Ses auteurs sont Vincent Tsao, Ben Grossman et Eric Goldberg. La règle rappelle que des joueurs y jouent « depuis plus de 30 ans », certains une fois par semaine. Elle annonce 2 à 7 joueurs, dès 14 ans, pour 120 minutes.

Deux jeux tiennent dans la boîte. Le Jeu Politique se joue avec des cartes : votes, postes, budgets, assassinats. Le Jeu du Coup d’État sort le plateau de la capitale et des pions militaires quand quelqu’un en a assez des intrigues.

Contenu de la boîte

Philibert compte 1 plateau, 114 cartes, 97 marqueurs, 96 billets, 6 dés et une banane en carton. La règle détaille :

  • 64 cartes Politique ;
  • 7 cartes Poste, 1 carte Premier Rebelle et 7 cartes Compte en Suisse ;
  • 35 cartes Lieu, cinq par famille ;
  • 68 pions Unité, 21 marqueurs Contrôle et 8 marqueurs Étape de jeu ;
  • 96 billets de 1, 2 et 3 millions de pesos (51, 30 et 15) ;
  • 6 dés à six faces, la banane et son socle.

La banane désigne le Président. Les sept familles se reconnaissent à leur symbole : voiture, lunettes, verre à cocktail, diamant, plume, montre à gousset, cigare.

Les règles de Junta

Chaque joueur prend les 5 cartes Lieu, les 3 marqueurs Contrôle et la carte Compte en Suisse de sa famille, puis 5 cartes Politique. On mélange les billets en paquet d’aide étrangère, on place les unités dans leurs casernes et commissariats, et on élit le premier Président.

Un tour compte 9 phases.

  1. Chacun pioche 2 cartes Politique et peut en jouer. Personne ne garde plus de 6 cartes, cartes Influence posées comprises.
  2. Le Président distribue les 6 autres postes : Ministre de la Sécurité intérieure, trois Généraux de brigade, Amiral, Commandant des forces aériennes. Chaque famille en a au moins un, aucune plus de deux, et personne ne cumule deux Généraux.
  3. Le Président pioche 8 billets, sans les montrer.
  4. Il propose un budget en piles de billets face cachée, en annonçant leur valeur. Il peut annoncer moins que la vérité, jamais plus, et garder la différence. Le Parlement vote.
  5. Chacun choisit en secret sa carte Lieu : Banque, Quartier Général, Résidence, Garçonnière ou Night-Club. On peut aussi partir en exil.
  6. Assassinats. On joue une carte Assassin en nommant une victime et un lieu. Si le lieu est le bon, la victime meurt et son argent personnel va au tueur.
  7. Les joueurs qui sont à la Banque, et encore vivants, déposent ou retirent de l’argent de leur compte en Suisse.
  8. Coup d’État, si quelqu’un le déclenche.
  9. Fin du tour : les morts reviennent, leur famille ayant désigné un nouveau chef.

La partie s’arrête dès que le Président ne peut plus piocher ses 8 billets. Le plus gros compte en Suisse gagne.

Le budget, cœur de la négociation

Tout se joue à la phase 4. Dans l’exemple de la règle, Ben annonce à Jenny une pile de 2 millions qui en contient 4, pour acheter sa loyauté sans que les autres le sachent. Si le budget est refusé, le Ministre de la Sécurité intérieure peut le faire passer de force avec la police. La banque ferme alors « pour la sieste » et les dépôts sont repoussés à la fin du tour. S’il refuse, elle ferme « pour vacances » et personne ne dépose d’argent ce tour-là.

Du vote au coup d’État

La plupart des présentations de Junta s’arrêtent au mot « révolution ». La règle, elle, fixe précisément quand et comment on renverse le Président.

Un coup d’État n’est possible qu’à la phase 8, si la situation politique est instable. Elle le devient quand le budget est refusé, quand au moins un joueur est assassiné ou quand une carte d’événement de coup d’État est jouée. Seule exception : un joueur qui a choisi son Quartier Général peut déclencher le coup même si tout est calme. Le Président ne le peut jamais.

Le premier qui se lance prend la carte Premier Rebelle. Pendant la phase de rébellion initiale, tout joueur qui bouge ou tire devient rebelle, et le Président ne peut ni bouger ni riposter. Suivent 6 phases de mouvements puis de combats aux dés sur le plan de la ville.

À la fin, chacun se déclare « Pro-Président » ou « Pro-Junte », dans l’ordre, en commençant par le Premier Rebelle. On peut retourner sa veste à ce moment, même après avoir combattu pour l’autre camp. Le camp qui tient au moins 3 des 5 points stratégiques gagne : Banque centrale, Parlement, Palais présidentiel, Station de radio, Gare ferroviaire.

Si le Président l’emporte, il peut envoyer un rebelle au peloton d’exécution et récupérer son argent personnel. Si les rebelles gagnent, la Junte élit un nouveau Président à une voix par famille, et ce Président peut faire fusiller n’importe quel joueur qui n’est pas en exil, y compris un membre de la Junte.

Jouer à Junta à deux ou à trois

À deux, chaque joueur actif s’appuie sur trois familles « fantoches ». Le Président occupe aussi le poste d’Amiral. L’autre joueur, chef de l’opposition, prend le Commandant des forces aériennes et un Général. Pour acheter un fantoche au budget, le Président lance un dé et compare au tableau de la règle. Dans l’exemple donné, 4 millions promis au Ministre fantoche, qui a 10 voix d’Église plus son bonus de 5, achètent sa loyauté sur un 1 ou un 2. Le Ministre ajoute toujours ces 5 voix.

À trois, le troisième joueur actif devient Ministre de la Sécurité intérieure, et les lieux choisis pour les fantoches restent secrets.

Nos conseils pour bien débuter

Ne gardez pas votre argent en poche. Seul le compte en Suisse compte à la fin, et un joueur assassiné donne toute sa réserve personnelle à son tueur. Mais aller à la Banque reste risqué : c’est le lieu où la police secrète du Ministre frappe gratuitement, un tour sur deux.

La règle elle-même donne des conseils de table, et ils sont justes. La vengeance coûte cher : mieux vaut proposer de tourner la page contre une part du budget. Personne n’aura toutes les cartes pour réussir un coup seul, un allié suffit souvent. Et un Amiral frustré qui bombarde le Palais à chaque tour se fera peu d’amis.

À qui s’adresse Junta ?

À un groupe de 5 à 7 adultes prêts à mentir, à négocier en aparté et à passer une soirée sur une partie. Il figure dans nos jeux pour adultes et nos jeux de stratégie, même si la stratégie passe surtout par la parole.

Il convient moins à une table qui supporte mal la trahison ou l’élimination temporaire : un joueur assassiné ne fait plus rien jusqu’à la fin du tour. Pour le même plaisir du bluff en un quart d’heure, Complots garde les assassinats et les mensonges sur les rôles. Et pour un groupe plus grand qui préfère les rôles cachés aux votes de budget, Résistance se joue jusqu’à 10.

Ce qu’en disent les joueurs

Les avis viennent souvent de joueurs qui l’ont découvert dans les années 1980, et la nostalgie pèse dans les notes. Tous préviennent que le jeu dépend de la table : avec des joueurs rancuniers ou trop sérieux, les trahisons tournent mal. Plusieurs parlent de soirées réussies grâce au jeu de rôle, jusqu’aux tenues de général sur Reddit.

Ce qui revient en positif

  • Négociations, alliances et trahisons à chaque tour produisent des scènes dont on parle encore des années après
  • La parodie de république bananière, avec le compte en Suisse et les coups d’État, fait rire
  • Il faut lire les autres joueurs et sentir le moment où le vent tourne pour frapper

Ce qui revient en négatif

  • La phase de coup d’État, jouée aux dés sur le plateau, ralentit la partie sans apporter beaucoup
  • Les règles sont floues et datées, chaque groupe finit avec ses propres règles maison
  • Le tirage des cartes pèse lourd sur ce qu’on peut tenter

Synthèse de 4 sources lues : Tric Trac (avis), BoardGameGeek (commentaires), Reddit r/boardgames (avis), Reddit r/boardgames (bonnes expériences).

Jeux proches de Junta

Fiches choisies d’après les catégories en commun avec Junta, le style de jeu d’abord, puis l’âge conseillé.

Questions sur Junta

Comment gagner à Junta ?

Le joueur qui a le plus d’argent sur son compte en Suisse quand la partie s’arrête gagne. L’argent de la réserve personnelle ne compte pas. La partie s’arrête quand le Président ne peut plus piocher ses 8 billets d’aide étrangère. On peut gagner en étant mort ou en exil.

Combien de joueurs pour Junta ?

La version de base est prévue pour 4 à 7 joueurs, et la règle dit qu’il vaut mieux être 7. Des règles spéciales permettent de jouer à 2 ou 3, chaque joueur dirigeant des familles « fantoches » dont il achète la loyauté.

Combien de temps dure une partie de Junta ?

La boîte annonce 120 minutes. La règle propose elle-même des options pour accélérer : un temps limité par décision, des coups d’État réservés aux joueurs à leur Quartier Général, ou 4 billets d’aide étrangère retirés après chaque coup.

Quand peut-on faire un coup d'État dans Junta ?

Pendant la phase 8, si la situation politique est instable : budget refusé, assassinat réussi ou carte d’événement de coup d’État jouée. Un joueur qui a choisi son Quartier Général comme lieu peut le déclencher même si la situation est stable. Le Président, lui, ne peut jamais en déclencher.

Voir Junta en vidéo

Ian, de chez Matagot, explique la règle de Junta pour Tric Trac dans une vidéo publiée en 2016. Elle reste hébergée sur YouTube et appartient à Tric Trac.

Aperçu de la vidéo Junta de la chaîne Tric Trac

Voir la vidéo directement sur YouTube

Sources des caractéristiques : page de l’éditeur.